Malgré-nous, résistant, officier d’active, barbouze… « Victor, la vie extraordinaire d’un homme ordinaire »

Joseph TRITZ, membre de HSCO, nous présente le livre qu’il publie à compte d’auteur sur son cousin Victor MERTZ, dont la famille suivait de loin les aventures pendant la 2nde Guerre mondiale et dans les décennies qui ont suivi. Joseph TRITZ s’est attaché à mettre au jour les péripéties de la vie de son cousin, en suivant les traces qu’il a pu laisser dans les archives, dans la presse de l’époque et dans les souvenirs. Les exploits de MERTZ, ses légendes et ses mensonges, ont alimenté les paragraphes de beaucoup d’auteurs. De par sa proximité familiale, après une dizaine d’années de recherches et avec le croisement de plus de deux mille documents, Joseph TRITZ a essayé de démêler le vrai du faux. Il a pu constater que des faits assez extraordinaires étaient avérés, et, parallèlement, faire tomber certains aspects qui relevaient de la légende. « Je n’occulte aucun sujet, dit l’auteur, les faits sont les faits même si parfois ils dérangent. »

Mai 1943, Malgré-nous mosellan, Michel Victor Mertz, Panzer-grenadier dans la Wehrmacht à Lepzig, s’évade. Il échoue à Montpellier, au poste d’inspecteur auxiliaire de police à Sète et entre dans la Résistance R3 sous le pseudo de Maurice Valentin. Fin mars 1944, il est arrêté pour vol d’essence et incarcéré au camp français de Nexon, près de Limoges. Il s’évade début juin 1944, organise un Corps-franc et rejoint la Résistance R5 à Limoges sous le pseudo de commandant Baptiste.

Avec sa troupe, il va semer la terreur sur les terres limousines, tant auprès des troupes allemandes que des collaborateurs. Fin septembre 1944, auréolé du titre de capitaine FFI et de multiples décorations, il est sur le front mosellan, à Thionville, avec les Fabiens parisiens, sous la houlette du colonel James Polk de la 3ème armée US. Il côtoie le général Dody, gouverneur militaire de Metz, pour la formation du 30ème BCP.

En mai 1945, il est en Allemagne, en tant que chef d’un bataillon de sécurité, auprès des services de renseignements militaires français.

Avec l’armée de garnison, rien ne va fonctionner. La hiérarchie militaire va mettre vingt années à « dégager » Victor. Elle va réussir l’exploit de le réformer en 1954 et d’être obligée de le réintégrer, avec rappel de solde, en 1958. Mais Victor n’est plus à l’armée depuis 1954. Il a renoué avec ses anciennes relations de la Résistance et des services secrets. Ils préparent activement le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958. Dans le sillage des Barbouzards gaullistes, il va côtoyer les « Grands » du régime et les « Puissants » des services secrets. Dans l’entourage de son beau-père, il va être mis en relation avec les truands de la French connexion. La frontière entre tous ces milieux est poreuse : les attentats contre le général de Gaulle, l’OAS, le SAC, la drogue… Tout se mélange.

Victor va tomber par l’action conjuguée de la police et des douanes. Il va faire cinq années de prison, avant de raccrocher définitivement en 1975. En 1983, il est rattrapé par la CIA comme pouvant faire partie du commando à l’origine de l’attentat contre le président Kennedy. Un vrai feuilleton !

Victor était mon petit-cousin maternel. C’était le camarade de mon père et de mon oncle Joseph, deux Malgré-nous mosellans comme lui, avec la réussite et la notoriété en moins !

Il décède le 15 janvier 1995, à Orléans.

Tous les trois, nous étions fiers de Victor.

Le livre (prix 19 € + 10 € frais d’envoi en Colissimo) peut être commandé chez l’auteur : Joseph TRITZ, 35 Hameau Saint-Laurent, 13240 SEPTEMES-LES-VALLONS, au moyen du bon de réservation à télécharger ici => bon de réservation

Joseph TRITZ est né en 1943 en Moselle, dans une famille de Malgré-nous, d’où son intérêt pour les incorporés de force d’Alsace-Moselle. Il était responsable commercial du Grand-Sud pour une entreprise de chauffage allemande. Depuis qu’il est en retraite (2008), il ne se passe pas un jour sans qu’il ne fasse des recherches sur la période de la Seconde Guerre mondiale.

Dernièrement il a fait une intervention lors d’un colloque organisé par les amis du mémorial de Caen, les 27 et 28 septembre 2022, sur le thème : « incorporés de force alsaciens et mosellans ». Un ouvrage vient de paraître, regroupant les actes du colloque : « Les incorporés de force 1942-1945 » édité par « Les Amis du Mémorial de Caen ». Chaque intervenant (ils étaient 12 historiens et spécialistes, descendants de familles de Malgré-nous) avait un thème à développer. La parole était entièrement libre. Aucun sujet n’a été occulté. Le livre reprend fidèlement les exposés des intervenants. Il vient de recevoir le prix du « Label du 80e anniversaire du débarquement » attribué par le Comité départemental du Débarquement. L’intervention de Joseph TRITZ consistant à retracer le traitement des prisonniers de guerre Malgré-nous se décompose en quatre parties : 1) Les Alsaciens-Lorrains (Allemands) prisonniers des Français et des Russes en 1914-1918 ; 2) les Alsaciens et Mosellans (Français) prisonniers des Allemands en 1939-1940 ; 3) les Alsaciens-Mosellans (Français/Allemands) prisonniers des Alliés et des Russes en 1942-1945 ; 4) les Mosellans Malgré-nous (Français) prisonniers des Américains (Patton) après la Libération de 1944.

Le livre des actes du colloque peut être commandé ici (voir bon de commande) : Bon de commande février 24 (amis du mémorial de Caen) (1)

 

 

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