26 juillet 1941, l’assassinat de Marx Dormoy – Questions autour d’un attentat politique

René-Marx Dormoy – Le Relais de l’Empereur à Montélimar années 30.

 

Par Jean-Marc Berlière

Un ministre de l’Intérieur assassiné, une première mais pas une dernière dans la France du XXe siècle. Qui plus est, le ministre en question — Marx Dormoy — est une figure haïe du Front Populaire, le « tombeur » de la « Cagoule», le successeur de Roger Salengro poussé au suicide par les campagnes calomnieuses de l’extrême droite. Arrêté et interné par le gouvernement de Vichy en vertu de la « loi » du 3 septembre 1940, comme un certain nombre de personnalités de gauche — Léon Blum, Vincent Auriol, Jules Moch, etc. — qui cristallisent la haine des « nouveaux messieurs » qui ont colonisé à Vichy les ministères et l’administration de l’État français.

Le sénateur de Montluçon a été interné successivement à Pellevoisin puis Vals-lès-Bains, avant d’être astreint à résidence à Montélimar le 20 mars 1941. Il y prend pension au Relais de l’Empereur, place d’Aygu où il occupe la chambre n° 19, au 2e étage. Ouvertement menacé par les partisans de la Révolution nationale qui appellent au châtiment des « responsables de la défaite » et déplorent la mollesse du gouvernement à leur encontre, l’ancien ministre, dénué de toute protection, constitue une cible d’autant plus facile que sa présence à Montélimar a été abondamment signalée dans la presse vichyste.

Après l’attentat, l’enquête policière s’annonce difficile. Bien des hommes proches du nouveau pouvoir avaient des comptes à régler avec cette figure du Front Populaire, proche de Léon Blum. Les coupables potentiels ne manquent donc pas : en premier lieu les hommes de la Cagoule (OSARN) dont la Sûreté Nationale a démantelé l’organisation en novembre 1937. La piste est d’autant plus réaliste que plusieurs cagoulards, qui ont été inquiétés par la police judiciaire pendant l’enquête, sont très proches du nouveau pouvoir… Lire et télécharger l’article entier => HEMICYCLE107-MarxDormoy-JMB


AVERTISSEMENT AU LECTEUR

Ce texte est un chapitre du livre de Jean-Marc Berlière (dir), Les Grandes affaires criminelles, du Moyen-âge à nos jours, Paris, Perrin, 2020 (pp. 255-276). Avec l’aimable autorisation des éditions Perrin. Paru également dans Les Amis de l’Hémicycle, n°107. 

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